
Khady Sarr n’est plus à présenter à Bordeaux. Sa curiosité, son sens de partage et son ouverture aux danses africaines et contemporaines font d’elle une artiste singulière. Avec sa compagnie, elle a créé des chorégraphies plurielles bénéficiant d’une bonne critique : Identité noire, Thiey Adunia, Perf’insolites. Et avec d’autres artistes, Xawaaré, Bal Poussière… En période de confinement, elle s’illustre par une performance dansée, sur vingt-cinq mots et un chiffre afin d’entretenir le terreau de son existence : le lien social.
« Confinement pour juguler le coronavirus »
Le coronavirus tire sa source au pays de la soie, plus précisément à Wuhan. Une agglomération de plus de 11 millions d’habitants qui a presque fini de compter ses morts. Le Codiv-19 est un virus qui a retiré la vie à des centaines de milliers de personnes dans le monde entier, en poussant sur son autre versant des femmes et des hommes dans les salles de réanimation. Suffisant pour mettre à rude épreuve le corps médical qui turbine jour et nuit pour sauver des vies. D’où la mise en place du confinement comme pour le juguler.
« Combattre le sentiment d’isolement »
Un confinement qui vient par ailleurs « chahuter » le lien social extra familial ; lien qui prend un parpinoche que l’artiste Khady Sarr tente d’atténuer en proposant une performance dansée. Dans son costume qui symbolise l’univers dans lequel le coronavirus nous a presque « assignée en résidence surveillée », l’artiste nous invite, par une expression corporelle éloquente, à combattre le sentiment de solitude ; suggère une alternative à l’affaiblissement du lien social.
« Un corps, un geste pour délivrer des conseils dansés »
Si la chorégraphie semble accessible, les gestes qu’elle y introduit, et qui basculent son corps par-ci et par-là sans parole et musique, délivrent des « conseils dansés » fondateurs de lien social. Par des mouvements raffinés et captivants, rythmés par l’équilibre et par l’émotion, l’artiste sénégalo-bordelaise jette, en dehors des sphères de confinement, une passerelle entre le « dedans » et le « dehors », entre elle et ses élèves. «Rester à la maison » nous isole relativement de celles et de ceux avec qui on a déjà passé de beaux moments sur l’espace public, vidé, pour l’instant, de ses plus belles interactions sociales.
Pour en savoir plus sur l’artiste cliquez vers le lien : Cie Khady Sarr
Moussa Diop : Kaddu Sénégalais de Bordeaux ( KSB-média)
