
L’indélicatesse des missions de sécurité publique à l’égard des communautés noires aux États-Unis parle encore d’elle-même. En effet des pages de bavures et de violences policières, les afro-américains portent désormais à leur coup le destin de la potence à la seule volonté des forces de l’ordre, entonne-t-on dans les réseaux sociaux. Pour ce faire une idée claire de ce phénomène polysémique, Kaddu Sénégalais de Bordeaux TV (KSB TV) a tendu son micro à des manifestants, réunis à la Place de la Victoire, ce mardi 09 juin 2020 pour rendre hommage à Georges FLOYD.
« Le «racisme structurel» prend des proportions inquiétantes dans le pays. »
Un citoyen noir-américain de 46ans qui a perdu la vie à la suite de l’intervention musclée d’agents de la police de Minneapolis. « C’est un crime raciste » s’indigne un participant à cet hommage. Il n’a pas manqué de souligner l’ampleur et la récurrence de ces faits de violence meurtrière en France, dont «le plus emblématique» est le cas du jeune Adama Traoré». Au tour d’un représentant du Mouvement des Jeunes Communistes de France de venir dénoncer « les meurtres racistes » qu’il qualifie de « systémiques » et « structurels ». D’aucuns se sont joints à cette manifestation car ils estiment que ce « racisme structurel » prend de plus en plus des proportions inquiétantes dans le pays.
«Ce n’est pas un mouvement des États-Unis»
Une jeune manifestante abondera dans le même sens tout en levant l’équivoque sur l’idée selon laquelle cette mobilisation serait ponctuelle. Elle rajoute que « ce n’est pas un mouvement des États-Unis». Pour elle, il s’agit bien d’un mouvement aux perspectives tentaculaires qui tient à se rendre au chevet de l’humanité. Car le destin tragique de Georges FLOYD n’est pas un cas isolé. «On a plusieurs Georges FLOYD» poursuit-elle. La même résonance est enregistrée en Angleterre (Londres), au Canada (Toronto, Montréal), en Belgique, en Allemagne, en France, etc.
« L’urgence d’aller au-delà de la prise de conscience »
Une dame défenseur des droits humains n’a pas manqué de souligner que le Brésil n’est pas en reste. Elle nous confie le sort tragique d’une conseillère municipale noire brésilienne assassinée par des forces de l’ordre le 14 mars 2018 dans la plus grande indifférence. Des éclaboussures de cette récurrente tragédie humaine qui frappe les communautés noires et les minorités étrangères à travers le monde, pour cause de violences et d’actes racistes, il en ressort une convergence d’opinions sur l’urgence d’aller au-delà de la prise de conscience.
« Conjurer les visages clivants et racisants de l’humanité »
Un discours allant dans le sens d’une mobilisation solidaire se profile ainsi à l’horizon comme pour conjurer les visages clivants et racisants de l’humanité. Des suggestions de débats de fonds à la carte ont émergé de cette mobilisation contre les violences policières. En effet un jeune manifestant a salué le courage politique du gouvernement français à mettre un terme au «déni des violences policières en France» et à «ouvrir la question du racisme dans la police».Il a également plaidé pour : plus d’écoute aux victimes de racisme dans la police; la lutte contre la discrimination au logement, à l’embauche; la création d’une commission indépendante pour la surveillance et l’encadrement des forces de l’ordre dans le cadre de l’exécution de leur noble mission de sécurité publique.


« Quand la nature s’y mêle, l’espoir est permis».
Une voie féminine évoquera à notre micro un besoin partagé par les manifestants de porter un témoignage fort à la mémoire de Georges FLOYD et de toutes ces âmes qui ont subi le même sort à travers le monde. C’est en effet le sentiment qui a fédéré cette assemblée hétéroclite réunie ce mardi 09 juin 2020 ici à Bordeaux ( Place de la Victoire). « Quand la nature s’y mêle, l’espoir est permis». D’ailleurs c’est sous un ciel qui s’éclaircit qu’une note musicale en chœur a mis fin à ce marathon de manifestations contre les violences policières qui n’est qu’à sa première étape, précise-t-on.
Papa Waly DIOUF – Kaddu Sénégalais de Bordeaux


