La CAN reste une aventure sportive collective qui mobilise de très nombreux acteurs et nécessite une organisation monumentale. Derrière le choix des joueurs et des stratégies, il y a un personnage mystérieux et indispensable, qui risque parfois sa tête, suivant les résultats de son équipe : l’entraîneur… Entre « techniciens » et « sorciers », les entraîneurs se partagent aussi entre nationaux et étrangers. Néanmoins le nombre d’entraîneurs africains grandit de plus en plus.

Tendance à l’africanisation dans le choix des sélectionneurs
La tendance est encore timide mais bien visible : il y a de plus en plus d’entraîneurs locaux dans les sélections nationales de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Le journal français Le Monde du 13 janvier 2022 dénombrait 15 entraîneurs africains sur 24, dans les équipes présentes à la 33° édition de ce grand événement sportif continental au Cameroun. C’est une progression notable par rapport au chiffre de 11 coachs africains sur 24 à la CAN 2019 en Egypte. Cependant les résultats obtenus ne dépendent pas de la nationalité de l’entraîneur. Un entraîneur local ou national peut être soumis à davantage de pressions (politiques, ethniques, lobbies, etc ) qu’un entraîneur étranger qui bénéficie parfois de plus de liberté de manoeuvre. Ce dernier a moins de pression s’il faut faire jouer le neveu d’un ministre.
Qui sont les entraîneurs ?
Les équipes entraînées par des coachs africains sont les suivantes : le Sénégal (Aliou Cissé), l’Algérie (Djamel Belmadi), la Guinée Conakry (Kaba Diawara), la Tunisie (Mondher Kebaier), le Nigeria (Agustine Eguavoen), la Sierra Leone (John Keister) la Guinée Equatoriale (Rodolfo Bodipo), la Guinée-Bissau (Baciro Candé), le Soudan (Burhan Tiya), le Mali (Mohamed Magassouba), le Burkina Fasso (Kamou Malo) le Cap-Vert (Pedro Leitão Brito, dit « Bubista ») l’Ethiopie (Wubetu Abate), le Zimbabwe (Norman Mapeza) et les Comores (Amir Abdou).
Les sélections nationales entraînées par des coachs étrangers sont les suivantes : l’Egypte (Carlos Queiroz, Portugal), le Maroc (Vahid Halilhodzic, Bosnie), le Gabon (Patrice Neveu, France), la Côte d’Ivoire (Patrice Beaumelle, France), la Mauritanie (Didier Gomes da Rosa, France), la Gambie (Tom Saintfiet, Belgique), le Cameroun (Toni Conceição, Portugal), le Malawi (Mario Marinica, Roumanie) et le Ghana (Milovan Rajevac, Serbie). Les coachs étrangers viennent essentiellement de l’Europe : la France, les Balkans (Serbie, Roumanie, Bosnie), le Portugal. L’Amérique Latine qui est un continent de football n’est pas représentée.
Confirmations, révélations et renaissances
La recherche passionnée de la consécration quasiment mythique de la Coupe d’Afrique des Nations, par sa dimension panafricaine, prend une grande importance émotionnelle. Du côté des sélectionneurs, devenus des artisans de la gloire on note, grosso modo, trois types de parcours : les confirmations, le révélations et les renaissances.
» Nationaux ou étrangers, les entraîneurs sont animés d’une grande passion pour le foot et rêvent du Graal de cette Coupe continentale »
Certains sélectionneurs qui avaient déjà eu un bon parcours ont été confirmés (Aliou Cissé du Sénégal), le Portugais Carlos Queiroz pour l’Egypte, en raison de son palmarès international. Tel est également le cas pour le talentueux Bosniaque Vahid Halilhodzic sélectionneur des Lions de l’Atlas au Maroc (brillant parcours en France, au Maroc) et Djamel Belmadi pour l’Algérie. Parmi les sélectionneurs révélés à la CAN, il y a le Guinéen Kaba Diawara, le Portugais Toni Conceição qui a dirigé l’équipe du Cameroun et le coach de la Guinée Equatoriale, Rodolfo Bodipo, qui a vaincu l’équipe tenant du titre, l’Algérie, en match de poule. Les renaissances ne sont pas rares, lorsqu’un entraîneur qui avait disparu des radars revient en pleine lumière, comme Augustine Eguavoen, le sélectionneur du Nigeria, qui s’était illustré en gagnant les CAN 1994, 1998, 2005 et 2007. Il est revenu en 2021. Nationaux ou étrangers, les entraîneurs sont animés d’une grande passion pour le foot et rêvent du Graal de cette Coupe continentale.
Rafael LUCAS Kaddu Diaspora Média
