
Après trois pénaltys ratés de l’Espagne, Achraf Hakimi, le talentueux joueur marocain, né en Espagne et formé au Real Madrid, s’avance vers le point de pénalty. Dans le stade Qatari de Doha et dans le monde entier, des millions de respirations sont figées par l’incertitude de l’angoisse. Mais la victoire a déjà choisi son camp. Avec une audace conquérante, Hakimi, « l’enfant de Madrid devenu Lion », d’après le magazine marocain Tel Quel, ose un tir en cloche, une « panemka ». Le ballon de la victoire s’envole vers les filets espagnols, met fin à l’ambiance irrespirable et libère l’enthousiasme des partisans du Maroc.
Des lions inespérés
Une page d’histoire du football vient d’être tournée. D’ailleurs le mot qui revient le plus dans la Presse marocaine, est le mot « historique », en français comme en arabe (تاريخي: tarikhi)
On n’attendait pas forcément la qualification du Maroc dans ce groupe F (Croatie, Belgique, Canada, Maroc). Les groupes de 4 sont habituellement constitués de manière à avoir 2 équipes « fortes », une équipe « moyenne » et une équipe « faible ».
Dans ce groupe F, la Croatie finaliste du Mondial 2018 et la Belgique, terminant 3°, faisaient figure d’équipes « fortes ». Le Canada et le Maroc pouvaient être perçus alternativement comme les équipes « moyennes et faibles ».
Or, contrairement aux attentes, le Maroc tenait tête à la Croatie, sans encaisser de but, il éliminait la Belgique et le Canada et finissait premier du Groupe… Il devait affronter le 2° du groupe E, c’est-à-dire l’Espagne qui avait atomisé le Costa Rica 7-0 !
La sélection espagnole : une renaissance difficile après un Âge d’Or (2008-2014)
Le règne de l’Armada espagnole a duré 6 ans sur le football mondial, illustré par de brillants titres européens et mondiaux. Bien qu’en retrait depuis 2014, l’équipe surnommée la Roja a toujours gardé un potentiel redoutable, comme l’a montré sa victoire sans appel contre le Costa Rica (7-0).
La tactique du Tiki Taka, une machine à gagner made in España

Le succès durable espagnol est basé sur une stratégie très particulière dénommée le Tiki Taka. Le jeu est basé sur la possession maximale du ballon lors des matchs (jusqu’à 80 %…). Cette possession est assurée par un jeu de passes courtes, millimétrées, de déplacement rapide des joueurs qui par un système de triangle mobile entourent très vite le porteur du ballon de l’équipe adverse, l’obligeant à se débarrasser du ballon en catastrophe. Les équipes qui affrontent la Roja sont vite épuisées par l’effort pour accéder au ballon dans de bonnes conditions. C’est souvent à ce moment-là que la Roja fait une attaque mortelle, comme une estocade portée à un taureau fatigué.
Reportage après la victoire du Maroc, place de la Victoire Bordeaux
Rafael Lucas – M S D Kaddu diaspora Média
