
Les 21 bougies de Sénéfesti ont été soufflées le 24 juin 2022, sur le théâtre de Verdure du parc Palmer de Cenon. Pays invité : la Tunisie. Porté par l’Association de l’Union des travailleurs sénégalais en France (UTSF), le festival a choisi le thème de la jeunesse. Sénéfesti a été aussi une vitrine pour deux associations culturelles : Barilla Kafo et Aline Sitoé Diatta.
Barilla Kafo : le lien social et l’ouverture à l’autre sont ses points forts
L’Association des Femmes Mandingues, Barilla Kafo, une association de fraternité, s’est encore illustrée à Sénéfesti. En plus de la promotion de la richesse de la culture mandingue, Barilla Kafo reste ouverte aux autres communautés linguistiques, comme le soutient sa Présidente Binetou N’Daw. On y retrouve ainsi des Wolofs, des Peulhs, Diolas etc. Le lien social et l’ouverture à l’autre sont les points forts de ladite association.

Le kangouran, un patrimoine de Sénéfesti
La prestation des femmes mandingues est synchronisée avec l’apparition du Kangouran, sur la place centrale du village du festival. Inscrit au patrimoine de l’Unesco, le kangouran, ce personnage mythique de la culture traditionnelle sénégalaise est très attendu des enfants et des adultes. Vêtu d’écorces rouges d’un arbre appelé Faara, son entrée dans le village, ses grandes foulées, ses danses saccadées, accompagnées de cris stridents, expriment bien le caractère spectaculaire du Kangouran. Ses retrouvailles avec les femmes mandingues sont toujours ponctuées de chants et de danses.

Aline Sitoé Diatta : faire perdurer la tradition diola à Bordeaux
L’Association des Femmes Diolas de Bordeaux s’appelle Aline Sitoé Diatta. Elle est composée de plusieurs membres des communautés linguistiques du département de Bignona au Sud du Sénégal. Bineta Goudiaby, Diarra Sané et Julienne Chevillard se sont exprimées, respectivement, en diola, en wolof et en français pour parler de l’objectif de l’association. C’est-à-dire faire perdurer la tradition diola à Bordeaux par le prisme de la danse, de la culture et du chant. Ses membres se rencontrent tous les 3ième samedis du mois au Grand Parc (Bordeaux Nord).

Prospérité, solidarité et hospitalité :les 3 points cardinaux de la culture diola
Même si les femmes de l’Association Aline Sitoé Diatta n’ont pas fait une irruption sur la scène du festival pour célébrer un rite d’initiation, l’ambiance y était quasiment. Sur scène, plusieurs générations ont dansé sur une musique traditionnelle de la Casamance, la Boukoute, dont les paroles vantent ce que la Casamance a de plus important : la prospérité, la solidarité et l’hospitalité.
Au rayon de ceux qui sont enchantés par le rythme Boukoute Casamance, il n’y avait pas que les membres de l’association. Le public, dans sa pluralité, est également conquis par l’enthousiasme des danseuses, leurs danses énergiques. Le tout dans un jeu de lumières, aux couleurs multi chromiques, mettant en valeur les traditions et la diversité culturelle diola à Sénéfesti.
Libasse Niang : Talent de chanteur et ambianceur
Le chanteur sénégalais Libasse Niang, membre de l’UTSF, artiste et agent de développement social et culturel, faisait danser les festivaliers sur la chanson « Yassa ». Sur scène beaucoup de ses compatriotes ont découvert son talent de chanteur et « d’ambianceur ».

Arrivé en France en 2007 et installé à Bordeaux en 2023, il trouve que la communauté sénégalaise de Bordeaux est riche culturellement avec la diversité de ses communautés linguistiques, dont une partie s’est exprimée sur scène. Il s’est confié à Kaddu Diaspora Média. « Le fait que l’association me programme a été un grand honneur pour moi. Voir le public danser sur mes chansons ne peut être que gratifiant ».
Les Faux-lions : Créations et acrobaties ont pointillé la chorégraphie de leur danse

Aux premières heures de la tombée de la nuit, l’ambiance du festival prend une autre tournure. En voyant les femmes tirer leur chaise pour constituer un cercle, les habitués comprennent que le Tanebeer se prépare. « Par où vont arriver les faux-lions ? Combien seront-ils ? Seront-ils agressifs ? Quelles chorégraphies vont-ils proposer ? Autant de questionnements et d’interrogations. Quand le premier faux-lion fait son apparition dans le cercle c’est un tonnerre de cris et d’applaudissements. Et quand les deux autres faux-lions le rejoignent dans le cercle, c’est l’apothéose. Créations, défis et acrobatie ont pointillé la chorégraphie de leur prestation spectaculaire.
Les jeunes et le Panafricanisme. De l’Américain Dubois à Sankara. Quels héritages ?
Les intervenants : Mohamad Lam (écrivain essayiste), Boubacar Seck (architecte écrivain), Alioune Badara Fall (Professeur agrégé de Droit), Maha ABDELHAMID (Chercheure CAREP/Tunisie) ont défini le terme de panafricanisme, même s’ils sont d’accord sur le fait, sa définition change en fonction des aires géographiques et des époques. En invitant dans le débat des figures comme Thomas Sankara, Nelson Mandela, Kawme Nkruma, les panelistes ont évoqué les mouvements sociaux et politiques, généralement portés par la jeunesse africaine, qui déséquilibrent les gouvernements africains. Ils se sont questionnés sur le lien entre l’idéologie panafricaine, à l’époque de Dubois, au projet de révolte des jeunes africains contre leurs gouvernants. Les panelistes écartent toutes les ambiguïtés sur leur coïncidence. Le monde étant un village planétaire les jeunes sont interconnectés. Ils arrivent à avoir des outils numériques qui leur permettent de voir la différence de niveau de vie entre les jeunes Africains et Européens ou Américains.

Rester solidaires pour inspirer un avenir prometteur
Dame Gadji, pour son deuxième Sénéfesti, en tant Président de l’UTSF, a d’abord transmis les vœux de réussite de Sénéfesti envoyés par le Consul général du Sénégal à Bordeaux, empêché. Il a ensuite mis le curseur sur le soutien de la ville de Cenon, qui par son Maire s’illustre par son accompagnement et son soutien depuis 2001. Le chargé des affaires culturelles et la présidente de l’association des Tunisiens de Bordeaux (ATB) ont également reçu les salutations fraternelles du Président de l’Union des Travailleurs Sénégalais en France.

« Au fil des années, Sénéfesti est devenu un événement incontournable dans l’agenda culturel de Bordeaux Métropole» ajoute le président de l’UTSF. Puis il invite les uns et les autres à rester solidaires pour construire un avenir prometteur, nourri de diversité, de créativité pour les générations futures. « Au nom de l’Utsf, je remercie l’ensemble des bénévoles et exposants » dixit Dame.
Association Malick Ouakam Cenon (AMAOUC), pour l’épanouissement et le développement personnel des jeunes Ouakamois et Cenonnais.
La 21ème édition de Sénéfesti était l’occasion de présenter l’association AMAOUC, en mémoire d’un personnage qui avait toujours œuvré pour la pérennité du festival : Malick Sène, natif de Ouakam, commune située à l’Ouest de la capitale du Sénégal Dakar.

L’objectif de l’association est de consolider les liens entre les élèves de Cenon et de Ouakam. A entendre sa présidente Thiaba Sène, fille de feu Malick Sène, les actions de l’association porteront sur l’éducation populaire, citoyenne, la culture (écriture, musique), le soutien matériel (fournitures scolaires, tables, etc. ) pouvant contribuer à l’amélioration des conditions d’étude des enfants Ouakamois. Le volet accompagnement des jeunes en situation de handicap est aussi une des actions phares de AMAOUC.
Des jeux dans l’espace des enfants
En partenariat avec l’ACE (Mouvement des enfants), l’Utsf a offert aux enfants un espace de jeux : des jeux de cartes, résolution d’énigmes, culture générale (géographie, Histoire), apprentissage à la citoyenneté.
